À compter du lundi 19 avril, le Petit LU sera sur nos écrans de télévision. La nouveauté concernant ce célèbre biscuit ? Des farines issues de la filière baptisée LU’Harmony qui répond aux critères suivants :
Très bien, LU va dans le bon sens avec cette démarche. Ce qui coince, c’est le spot publicitaire qui a été conçu par BETC Euro RSCG. Sur fond de merveilleux champs de blé bordés de prairies fleuries, un papa papillon explique à son enfant que « LU sème des fleurs autour de ses champs de blé pour rendre le Petit LU encore meilleur ».
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
La mise en avant d’un label auto-décerné : « LU Harmony ». Cette démarche est un progrès mais ce n’est pas de l’agriculture biologique certifiée (AB). Cet usage n’est pas neutre et les marques le savent bien : des études montrent que la présence d’un label, même auto-décerné, permet d’améliorer la perception écologique du produit et de l’annonceur (par exemple Prévenir le greenwashing dans la pub automobile).
La question de fond : en quoi planter des fleurs améliore-t-il la qualité du biscuit ? L’amalgame est clairement fait dès le début : « LU sème des fleurs autour de ses champs de blé pour rendre le Petit LU encore meilleur ». Plus loin, le papa papillon précise : « LU améliore la culture de son blé et en plus LU sème des fleurs autour des champs pour favoriser la biodiversité ». « Et c’est bien pour les petits papillons ? », demande l’enfant papillon. « Oui, et c’est bien pour les enfants qui se régalent d’un petit LU encore meilleur » répond le père. Ainsi, selon LU, participer à la préservation de la biodiversité améliore la qualité de ses biscuits... La nature mieux préservée autour des champs transfèrerait un « plus » au produit.
Faire parler la nature. Le papillon est l’un des emblèmes de la nature et de la biodiversité, très sympathique. Ce représentant de la biodiversité s’adresse directement au consommateur et à l’entendre, LU a créé le « paradis des papillons sur terre ». Bravo à LU... Rappelons que 2 à 3 % de la surface sont dédiés à la bordure fleurie : c’est un progrès mais il reste tout de même 97 à 98 % en monoculture ! Des études scientifiques ont-elles été conduites pour confirmer que ces bordures étaient bien le paradis annoncé ? La manipulation de la nature par les publicitaires n’est pas nouvelle :
L’infantilisation des téléspectateurs. C’est le papa papillon qui explique à son fils « junior » tous les bienfaits de la démarche LU. Les consommateurs sont infantilisés, placés à la place du bébé papillon. Comment mettre en doute la parole paternelle ? Il n’y a qu’à le croire sur parole... et acheter le biscuit en ayant l’impression de faire un geste pour la biodiversité !.
Conclusion : même si l’annonceur et son agence conseil s’en défendent, cette publicité est bel et bien à ranger dans la catégorie « greenwashing ».
À lire sur cette campagne : l’article Le Petit LU en plein conte de blé publié sur terraeco.net