Aux USA, un groupe de chercheurs s’est récemment attelé à l’analyse approfondie des perceptions et attitudes de la population. Face à la menace climatique, il apparait qu’elle est coupée en six catégories, des « alarmés » aux « méprisants » en passant par les « prudents ». Ce travail de segmentation de la population est primordial pour pouvoir, dans un second temps, concevoir des campagnes ciblées donc efficaces.
« Les six visages de l’Amérique face au changement climatique » (Global Warming’s Six Americas) est un projet de recherche du programme de l’Université de Yale sur la communication du changement climatique (Yale Project on Climate Change Communication) et du Centre de recherche sur la communication climatique (Center for Climate Change Communication) de l’Université George Mason.
Le public joue un rôle crucial dans la réponse de la société face aux bouleversements climatiques, à travers les usages de l’énergie à la maison et sur la route, les choix en tant que consommateurs, les normes sociales et les choix politiques. Partant de ce constat, ce projet :
Les chercheurs ont construit un panel représentatif de la population américaine constitué de 12 000 adultes et de 3 000 adolescents et, selon le site web, le projet a permis :
Pour en savoir plus, vous pouvez lire le premier (2009) ou le second rapport (2010).
Seulement 55 % des américains se disent « très inquiets » ou « plutôt inquiets » (respectivement 16 et 39 %) contre 45 % « pas trop » ou « pas du tout inquiets » (26 et 19 %). 63 % pensent que le réchauffement climatique se produit réellement, 19 % qu’il n’est pas réel et 19 % ne savent pas. Quant à la communauté scientifique, les américains sont partagés : 39 % pensent que la majorité des scientifiques sont d’accord entre eux, 38 % estiment qu’il y a débat au sein de la communauté.
Selon les chercheurs, face au changement climatique, la population des USA est coupée en six catégories. L’ensemble du spectre des perceptions et attitudes est décrit : des personnes convaincues, inquiètes et motivées pour agir, jusqu’à celles qui pensent que le problème n’est pas réel et qu’il ne représente donc aucune menace.
Ce sont les personnes les plus engagées dans le changement climatique. Elles sont très convaincues que le CC se produit, que les hommes sont à l’origine du problème et qu’il représente une menace sérieuse et urgente. Elles ont déjà fait des changements dans leur vie et soutiennent une réponse nationale agressive.
Ils sont aussi convaincus que le CC est un problème grave mais, alors qu’ils soutiennent une réponse nationale vigoureuse, ils sont moins impliqués et enclins à agir personnellement.
Ils pensent également que le CC est un problème, même s’ils sont moins certains qu’il se produit effectivement que les « alarmés » et les « inquiets ». Ils ne le perçoivent pas comme une menace personnelle et ne ressentent pas l’urgence d’agir.
Ils n’ont pas encore réellement pensé au problème, n’en connaissent pas grand-chose et sont les plus enclins à dire qu’ils pourraient facilement changer d’avis à propos du changement climatique.
Ils sont partagés en trois ensembles de taille équivalente : ceux qui pensent que le CC est une réalité, ceux qui pensent le contraire et ceux qui ne savent pas. Dans ce groupe, nombre de ceux qui « croient » au CC pensent que c’est un phénomène naturel, qui ne fera de mal à personne avant de nombreuses décennies et que les USA en font déjà assez en réponse à cette menace.
Comme les alarmés, ils sont activement engagés mais à l’opposé du spectre. Ils pensent majoritairement que le changement climatique n’est pas réel, que ce n’est pas une menace pour l’Homme ni les écosystèmes et sont convaincus que ce n’est pas un problème qui nécessite une réponse nationale.
Comme souvent, des graphes valent mieux que de longs discours...
Vers la gauche : ceux qui croient le plus dans le changement climatique, les plus inquiets, les plus motivés. Vers la droite : ceux qui ne croient pas au réchauffement, les moins inquiets, les moins motivés.
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Classement du niveau 1 (extrêmement sûr que le changement climatique n’est pas réel) à 9 (certain que la Terre est en train de se réchauffer).

Classement du niveau 1 (pas important du tout) à 5 (extrêmement important).

Classement du niveau 1 (pas du tout inquiet) à 4 (très inquiet).

Réponses à l’affirmation « je pourrais facilement changer d’avis » classées du niveau 1 (je ne suis pas du tout d’accord) à 4 (tout à fait d’accord).

Réponses à la question « Avez-vous beaucoup pensé au problème du climat avant aujourd’hui ? » du niveau 1 (pas du tout) à 4 (beaucoup).

Moyenne des réponses aux questions « Personnellement, vous estimez-vous bien informé à propos des différentes causes, conséquences et moyens de lutte ? » classées du niveau 1 (pas informé du tout) à 4 (très bien informé).
